Culture

Billets sur la culture occitane

Programme du séminaire ouvert 2012-2013 du CECAES

Un peu de , le 12 décembre 2012

Le C.E.C.A.E.S. (Centre d’Études des Cultures d’Aquitaine et d’Europe du Sud) propose comme chaque année un séminaire ouvert au public. En voici le programme.

Sauf indication contraire, les séances ont lieu à la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine (M.S.H.A.), à Pessac, de 17h30 à 19h.

Mardi 18 décembre (exceptionnellement, amphi Lefèvre, Université Bordeaux III, à 18 h) :

Guy LATRY, professeur Université Bordeaux 3
Aragon à Ribérac : poésie et résistance, ou le retour de l’occitan
En collaboration avec l’association Espaces Marx, dans le cadre de la célébration du 30 ème anniversaire de la mort d’Aragon

Mercredi 6 mars (salle 2) :

David ESCARPIT, doctorant université Bordeaux 3
Le manuscrit « Codersac », une chronique gasconne d’une campagne électorale dans le Sud-Gironde vers 1880

Mercredi 27 mars (salle 2) :

Jean-Pierre CAVAILLÉ, maître de conférences à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS, Paris)
Filmer le Limousin, une série documentaire en occitan  (projection et débat)

Mercredi 10 avril (salle 3) :

Dominique NOGUÈS, agrégé de lettres
Figures de l’auteur chez Michel Ohl

Mercredi 24 avril (salle 3) :

Katy BERNARD, maître de conférences université Bordeaux 3
Perceval réinventé : les chevaliers Jaufré et Fergus et leur roi Arthur

Mercredi 15 mai (salle 2) :

Maïté BOUYSSY, maître de conférences honoraire université Paris I
D’un tropisme méridional chez quelques officiers supérieurs français (1800-1848)

Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, Domaine Universitaire, 10 Esplanade des Antilles, 33607 PESSAC Cedex, 05 56 84 45 66

Première visite guidée du Bordeaux occitan

Un peu de , le 20 novembre 2012

Samedi 1er décembre 14h départ place Puy Paulin.

« Au briu de la lenga »
Vous n’avez pu assister à la visite du Bordeaux occitan dans le cadre du Mascaret, le festival organisé par l’Ostau ou vous souhaitez en découvrir plus ? Alors cette visite qui partira de la place Puy Paulin est faite pour vous. « Au fil de la langue » : votre guide, Julien Pearson, vous fera prendre conscience à travers l’Histoire et les rues du Port de Lune, de la richesse, souvent méconnue, de sa culture et de sa langue gasconne.
La visite devrait s’achever vers 16h place Rodesse à Bordeaux.
Il est indispensable de réserver car le nombre de participants est limité à 25. Pour cela, jusqu’au 28 novembre, vous pouvez remplir un formulaire ou contacter le guide en cliquant sur ce lien : http://ostau-occitan.org/visites-de-bordeaux/?lang=fr
Prix : 5 €, gratuit pour les moins de 12 ans (tarifs exceptionnels pour inaugurer ces visites mensuelles) ; le paiement s’effectuera au départ de la visite.
Cette visite se fera en français.

Thèu

Un peu de , le 19 octobre 2012

THEU
Spectacle jeune public et familial à partir de 6 ans, bilingue Français / Occitan.

  • Lundi 22 octobre à 14h30 (représentation scolaire)
  • Vendredi 26 octobre à 20h30 (représentation tout public)

à la salle culturelle de Casseuil (33)

Joaquim, un pêcheur et deux enfants, Solal et Leïla, rencontrent sur un port un jeune garçon, Thèu. Il vit caché, seul. Au fil des marées qui se succèdent sur le quai, les trois protagonistes découvrent l’histoire de Thèu, ses souvenirs et le secret qu’il garde au fond de sa cachette.
Thèu est né d’un album jeunesse imaginé par deux membres du collectif. Il a grandi pour prendre la forme d’une lecture illustrée, et s’est épanouit pour devenir une création bilingue français – occitan, adaptée par Eric Demey.

  • Réservations au 06 78 75 57 44 ou infos@art-hache-scene.com

En espérant vous compter parmi nous,

Adishatz !

Festival Occitan Mascaret

Un peu de , , , le 3 août 2012

MASCARET : Festival Occitan de Bordeaux

Qui a dit que Bordeaux a perdu son âme occitane ? Ville majeure au ras de la frontière linguistica entre oïl et òc, en territoire gascon, mais si proche du languedocien et du limousin, ouverte sur l’Atlantique,… C’est vrai qu’avec tout cela, elle a su magnétiser des influences diverses. Bordeaux est une métropole linguistique, donc ouverte en grand sur l’Occitanie.

Tout au long de la première quinzaine d’octobre, l’Ostau Occitan-IEO33 invite l’Occitanie a reprendre ses marques en Gironde à l’occasion du tout jeune festival Mascaret.

Pour en savoir plus, consultez le programme !

Bordeaux, Ville gasconne

Un peu de , , , le 2 août 2012

À Bordeaux, les plaques de rues sont ici pour nous rappeler le passé gascon de la ville, au moins au Moyen-Âge. Déjà, dans la vie de chaque jour de tout Bordelais : Pèir Berland, Sent Cristòli, la Bastida, pòrta Calhau… peu de gens doivent savoir que cela est occitan…
rue du CancéraVoyons les rues : les sonorités gasconnes se trouvent principalement dans la ville médiévale (délimité par le cours de l’Intendance, le cours d’Albret, et le cours Victor Hugo, ancien Fossat daus Carmes) et les faubourgs (Sent Miquèu, los Chartrós…).
Il faut citer les ruas Permentada (= pavada), Maucodinat, de las Alaudetas (au XIV° siècle, rua deu Putz deus Alaudats), daus Alamandèirs (= amandèirs), dau Cancerar, Cauça Roja, daus Caperans (rua Pèir Macau au Moyen-Âge), de la Fusteria (=menuiserie ; au Moyen-Âge, elle était divisée en rua de las Salinèiras, de la Fusteria, de la Grava, Carpentèira e Sent Miquèu), Jan Santz (« Gensan » en français), Guirauda, dau Har (au XV° siècle, rua de la Tornapica deu Far), l’Auradèir, Leitèira (connue ainsi dès 1254), de Margaus, Maubèc, Mautrèit (« Mautrec » en français), daus Menuts, dau Miralh, Monadèir, Nèva, de l’Ome Mòrt, de las Palancas (avant, rua deu Molin de Sent Andriu), daus Pontets (en 1427, rua deus Pontet de las Salinèiras ou deu Puiadeir), Pòrta Dijaus, dau Putz daus Casaus, dau Putz de Cujòlas (devenue …«Despujols » en français), de la Rossèla (mentionnée au XII° siècle !), Sent Elègi, Sent Jacmes, Sent Remèdi, Sent Simeon, Sòr Menuda (dite de las Menudas pròishe l’Olme de Papon), de Solèir, Tomba l’Òli, Traversana ; l’andròna Maucoihada ; le cai de las Queirias ; les plaças Sent Pèir et Sent Progèit (une des plus vieilles de Bordeaux).

Un peu d’étymologie…

Le nom de la rua de las Èiras viendrait, selon Courteault, du lieu où elle est née, qui était une région de palus. Mais il viendrait plutôt, selon d’autres sources, du latin area, « emplacement à bâtir ».

rue des Ayres

Au contraire de ce que nous venons de voir, quelques rues avec un nom occitan se rapportent à un nom de personne (Barrèira, Tausiar, Pèiracava, Mestresat…).

La rua Senta Caterina avait plusieurs nom au Moyen-Âge, quand elle n’était pas si droite qu’aujourd’hui. De la place de la Comedia à la rua Pòrta Dijaus, c’était la rua Pòrta Medòca ; jusqu’à Sent Progèit, granda rua Sent Progèit puis rua Banqueria ; jusqu’à avant le cors d’Alsaça e Lorrena, rua de las Tres Marias ; jusqu’à la rua de las Èiras, rua de la Cadena ou rueta deu Molin de la Cadena ; jusqu’au cors Victor Hugo, rua deu Cahernan ou Caifernan ; jusqu’à la plaça Sarrail ( = Putz daus Augustins), rua Bohaut ; enfin, rueta Sent Julian.
Aussi, certains lieux à l’extérieur de la vieille ville portent des noms gascons qui correspondent à d’anciens domaines ou terres cultivées. Par exemple, la rua d’Auvidèir (autrefois a l’Avidèir ou a Sarporar), le passatge Cantacrit (maine de Canta Grith), la ciutat Gratacap (a Grata Cap, au XIII° s.), la rua dau Junc, la rua de Ladors (maine de Lador daus Arcs, dans le vallon de l’estey de Ladors), avinguda de la Ròca, ruas Maucalhau, Barralh Brutlat, dau Petit Miòt, Pèira Blanca, dau Serporar ; avinguda daus Quaranta Jornaus

Souvent, les chemins -dont le nom était avant tout descriptif- portaient le nom du lieu où ils menaient : ainsi, nous avions la grand rua de Bècgla (rua de Bègla), le camin de Solac (rua Font d’Audèja), le camin de Sent Laurent d’Escuras (rua Mouneyra), la granda rua (ou camin) de Pessac (rua de Pessac), le camin de Sent Nicolas au Sablonar (rua de las Sablèiras), le vielh (ou grand) camin de Tolosa (cors de la Somme), le vielh camin de Brujas (rua de Tivoli), le grand camin nèu de Tolosa (cors de l’Yser). La rua Charles Marionneau, elle, portait de petit nom de… rueta per on l’òm va de la glèisa Sent Seurin au pui de Pont Long e a Pont Long.

Gabrièu Balloux.

Article publié dans Lo Sarmonèir, n°9