Du sentiment de supériorité dans la pratique des langues

Un peu de , le 24 juin 2016

Dans l’ouvrage «Histoire sociale des langues de France» Pierre Escudé décrit un ensemble de conditions, particulièrement remarquables, qui ont prédisposé au rejet des langues régionales

«Ne pas parler français dès la naissance est un handicap culturel, social et politique : un manuel de “méthode directe” est ainsi destiné aux “sourd-muets, aux enfants de nos provinces patoisantes, aux jeunes indigènes de nos colonies, ainsi qu’aux élèves des classes de français de nos colonies.” (Boyer,1905)»

Si depuis, certains progrès ont été réalisés dans le rapport à ces langues, l’auteur note toutefois que

«L’épisode de la non-ratification de la Charte en 1999 a réveillé les anciens réflexes présents dans les “jacobinières” (Ozouf, 1984:414) de tout l’échiquier politique. [...] Ce retour aux “valeurs” redéfinit une hiérarchie violente et verticale des langues et incite ouvertement à un retour au monoliguisme, l’anglais de communication étant désormais paré des atouts de l’ex-français des Lumières.»

L’anglais justement… Il n’est nul besoin de considérer le niveau de pratique désormais quasi confidentiel de la langue française en Louisiane pour se rendre compte que les mêmes causes produisent les mêmes effets partout. Et, comme en France métropolitaine, les clichés et raisonnements à court terme ont la peau dure. John Mc Worther publiait en février 2014 dans le journal New Republic (New York) un article cinglant qui en est la parfaite illustration

«On apprend le français pour communiquer avec … qui, exactement? Certains mourront d’envie de lire Sartre et Molière, tant mieux pour eux. Mais qu’en est-il de langues comme l’espagnol et le chinois qui sont utiles à apprendre car nous les rencontrons dans la vie de tous les jours? J’ai vu des professionnels de la santé rater de réelles opportunités financières juste parce qu’il se trouvait qu’un autre candidat parlait espagnol, et le chinois deviendra de plus en plus important dans le monde des affaires. Des compétences en arabe sont fortement recherchées sur la scène géopolitique. C’est génial de savoir que le français vous permet d’ignorer les sous-titres du film visionné dans le cinéma d’art et d’essai où l’on se rend à l’occasion, mais on ne voit vraiment pas bien pourquoi on devrait le considérer comme une priorité dans l’éducation des enfants.»

En avril 2016, c’est Jeremy Paxman qui enfonçait le clou dans le Financial Times

«La culture européenne manquerait d’épaisseur sans Montaigne, Descartes, Debussy et Cézanne, sans oublier le dictateur des dictateurs, Napoléon Bonaparte. Le problème est que ça date de belle lurette et que le monde d’aujourd’hui est anglophone. Dans le combat séculaire opposant français et anglais il y a un vainqueur, et prétendre autre chose est comme suggérer que Johnny Hallyday est le futur de la pop.
Il n’y a aucune raison à ce que les Britanniques jubilent car cela relève de l’héritage d’un empire construit il y a bien des générations et de la domination des US sur le reste du monde. Mais l’issue de cette lutte est claire: l’anglais est la langue de la science, de la technologie, des voyages, des loisirs et du sport. Pour être un citoyen du monde, vous devez l’avoir pour langue.
La façon dont le gouvernement français dépense son argent est son affaire. De notre point vue, la seule question importante est dans quelle mesure il est bon de promouvoir la langue française et ses valeurs. Quand l’ancienne partie de l’Afrique du Sud-Ouest, qui fut une fois allemande, accéda à l’indépendance en tant que Namibie, elle adopta avec raison l’anglais comme langue officielle, elle le fit avec le très bon argument que cela donnerait à ses citoyens un avenir.
[...] Si vous êtes un locuteur natif en anglais, étudiez absolument le chinois, l’arabe ou l’espagnol. Si vous le devez, étudiez le français, parce que c’est une belle langue. Mais restons loin de l’idée que cela vaut vraiment la peine de l’apprendre comme moyen de communication.»

Finalement, quelles que soient l’échelle et l’époque, le raisonnement reste le même. Selon eux l’Histoire a fait le tri et il ne resterait plus au français que la gloire passée de Montaigne, Descartes, Debussy et Cézanne, comme il ne resterait plus à l’occitan que le souvenir d’avoir été la langue des troubadours, la langue de la littérature par excellence des XIIème et XIIIème siècle, ou celle du prix Nobel de littérature du début du XXème siècle, Frédéric Mistral. Une logique darwinienne a donc séparé les gagnants des perdants, et engendré un authentique sentiment de supériorité linguistique et culturel, particulièrement notable dans le ton employé par les journalistes anglais et américain. Et c’est ce même sentiment de supériorité qui sert d’assise à la promotion d’un monolinguisme agrémenté de l’enseignement non précoce des langues étrangères, titre auquel n’a plus droit la langue française au sein d’une certaine intelligentsia anglophone qui lui préfère un rôle folklorisant. Mais quel gâchis! Qui saura dénoncer cette logique d’opposition des langues et lui substituer un système collaboratif? Dans l’ «Enfant aux deux langues», Claude Hagège, Professeur au Collège de France, décrit cette situation bien connue des ethnologues et linguistes, où les mères de certaines zones asiatiques ou africaines se regroupent pour élever leurs fils et filles. Dans le cas commun où un enfant a une mère et 3 belle-mères et qu’elles parlent toutes des langues différentes, il n’a aucune peine à en maîtriser quatre. Ceci vaut pour tous et pas simplement pour les plus doués, il faut juste commencer bien avant le passage à la puberté tout en respectant le principe de Ronjat, «une personne = une langue», qui garantit un apprentissage sans interférence entre les différentes langues. L’éducation est certainement l’endroit où le multilinguisme fait le plus la preuve de son efficacité.
Ainsi poursuit Pierre Escudé

«Les évaluations académiques ou nationales confirment des résultats connus ailleurs depuis longtemps : une classe d’élèves bénéficiant d’un bilinguisme scolaire bien construit obtient des taux de réussite toujours supérieurs en moyenne à une classe monolingue, à conditions sociales égales.» 

C’est tout le développement des capacités cognitives de l’enfant qui se trouve nettement stimulé par le bilinguisme précoce. Là encore la collaboration prime sur la mise en opposition. Ce qui permet d’aller bien au-delà d’un don particulier pour les langues, en particulier l’anglais, ou de résultats scolaires significativement meilleurs. Il fut un temps où les éditorialistes se questionnaient sur l’incapacité de la France à trouver sa place dans la mondialisation. À ma connaissance aucun n’a su construire une argumentation suffisamment solide pour l’expliquer. Ce pays qui fut jadis le plus riche d’Europe en termes de diversité linguistique et culturelle est désormais le plus pauvre. Dans de telles conditions, comment une nation profondément monolingue et monoculturelle pourrait-elle tirer son épingle du jeu dans les contextes européen et mondialisé? Éducation First, un programme international de cours et d’échanges dans les pays anglophones, notait dans ses conclusions en 2012 que

«La France peut faire mieux. Le niveau d’enseignement de l’anglais en France est inférieur aux normes européennes, ce qui représente un obstacle, pour les adultes de ces pays, en termes d’accès aux marchés européens et mondiaux»

Mais surtout il ressort que la France ne sait même pas exploiter sa proximité linguistique avec l’anglais

«Malgré des racines latines communes avec la langue anglaise, la France se place dans le monde derrière certaines économies majeures en Asie telles que la Corée du Sud».

Et bien sûr, on ne sera pas surpris que les peuples déjà bilingues tirent leur épingle du jeu

«Malgré l’héritage de l’Union soviétique et le fait que le russe soit imposé comme langue étrangère dans certaines parties d’Europe centrale, les adultes ont aujourd’hui appris à parler anglais».

Ce qui n’est pas sans conséquence pour la France comme l’indique le rapport

«La profonde réticence des Français à apprendre l’anglais conduit la France à se classer en dessous de la plupart de ses voisins en terme de niveau de langue. Cette défiance pourrait bien menacer la performance économique du pays dans une période difficile»

«Obstacle [...] en termes d’accès aux marchés européens et mondiaux», menace sur «la performance économique du pays», on voit bien à quel point le risque de déclassement national est grand quand on fonctionne sur des bases monolingues qui vont à contre-courant de ce qu’impose la mondialisation. Et c’est sans compter sur le côté culturel de la problématique, car la même phrase prononcée par un britannique avec l’accent d’Oxbridge peut s’avérer avoir un sens radicalement opposé dans un contexte texan ou africain. La capacité à se projeter dans l’environnement culturel de l’autre est un élément clef de plus à intégrer.

Évidemment il ne s’agit pas de mettre le bilinguisme en langue régionale sur un piédestal en inversant le sentiment de supériorité exposé en amont. Bien au contraire… Il faut montrer à quel point ce sentiment est décalé des réalités du monde d’aujourd’hui et promouvoir un modèle collaboratif où chaque langue et culture, en trouvant harmonieusement sa place, seront les garants du développement de l’homme de demain.

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A perpaus deu sentiment de superioritat en la practica de las lengas

En lo libe «Istòria sociau de las lengas de França» Pierre Escudé que descriu condicions de las remirablas, que predispausèn a l’exclusion de las lengas regionaus:

«Ne pas parlar francés autanlèu com la vaduda qu’ei ua trava culturau, sociau e politica: un manuau de “tecnica directe” qu’èra destinat “aus muts e shords, aus mainats de las nostas províncias patejesantas, aus joves indigènas de las nostas colonias, e aus escolans de las classas de francés de las nostas colonias.” (Boyer, 1905)»

A despieit de quauques progrès complits en çò que concerneish la relacion dab aquèras lengas, l’autor escriu totun que:

«L’episòdi de la non-ratification de la Carta en 1999 que deishudè los ancians reflèxes presents en las “jacobinièras” (Ozouf, 1984:414) de tot lo paisatge politic. [...] Aquesta tornada a las “valors” que determina ua ierarquia violenta e verticau de las lengas e incita francament a tornar cap au monoligüisme, dab l’anglés de comunicacion, d’ara endavant ondrat deus atots de l’ex-francés deu sègle de las Lutz.»

L’anglés precisament… N’i a pas nat besonh de considerar lo nivèu de practica quasi confidenciau de la lenga francesa en Loïsiana per avisà’s que las medishas causas produseishen las medishas consequéncias pertot.
E, com en França metropolitana, los lòcs comuns e rasonaments a tèrmi cort qu’an la cordilha tilha. John Mc Worther que publiquè en heurèr de 2014 en lo jornau New Republic (New York) un article hissant que n’ei la perfèita demonstracion:

«Qu’aprenem lo francés per comunicar dab… qui, exactament? Daubuns que moriràn d’enveja de léger Sartre e Molière, tant miélher per eths! Mes que pensar de lengas com l’espanhòu e lo chinés que son utilas d’apréner pr’amor que las encontram en la vita quotidiana? Que vedoi professionaus de la santat mancar vertadèras oportunitats financèras pr’amor u’i avèva un aute candidat qui parlava espanhòu, e lo chinés que vaderà de mei en mei important en lo monde deus ahars. Las competéncias en arabe que son de las cercadas en la scèna geopolitica. B’ei genhèc de saber que lo francés nos permet d’ignorar los sostítols deu film visionat en lo cinemà d’art e ensai on anem, mes ne vedem pas plan perqué deberem considerà’u com ua prioritat en ‘educacion deus mainats.»

En abriu de 2016, qu’estó Jeremy Paxman que getè lenha au huèc en lo Financial Times:

«La cultura europea ne seré pas pro espessa shens Montanha, Descartes, Debussy e Cézanne, shens desbrombar lo dictator deus dictators, Nabulionu Bonaparte. Lo problèma ei que tot aquò se debanè bèra pausa a e lo monde de uei qu’ei anglofòn. En lo combat secular qu’opausava francés e anglés qu’i a un vencedor, e preténder ua auta causa que seré com suggerir que Johnny Hallyday ei lo futur de la pop.

N’i a pas nada rason que’n jubilin los Britanics pr’amor que vien tant de l’eretatge d’un empiri bastit bèth temps a, com de la dominacion deus Estats Units sus la rèsta deu monde. Mes la resulta d’aquèsta luta qu’ei clara: l’anglés qu’ei la lenga de la sciència, de la tecnologia, deus viatges, deus lésers e de l’espòrt. Tà estar un ciutadan deu monde, que’u devetz aver com enga.

La faiçon com lo govèrn francés se maubarreja los sòus qu’ei lo son ahar. Deu noste punt de vista, l’unica qüestion importanta qu’ei: en quina part seré bon de promòver la lenga rancesa e las soas valors? Quan l’anciana partida de l’Africa deu Sud-Oest, la Namibia qu’estó un còp alemanda, accedí a l’independéncia, qu’adoptè dab rason l’anglés com lenga oficiau, e qu’ac hasó dab l’argument deus bons qu’aquò balharé aus sons ciutadans un avenidor.
[...] S’ètz un locutor natiu en anglés, estudiatz a tot hòrt lo chinés, l’arabe o l’espanhòu. Se n’avetz besonh, studietz lo francés, pr’amor qu’ei ua bèra lenga. Mes ne cresim pas que vau vertadèrament la pena de l’apréner com biais de comunicacion.»

Finaument, quaus que siin l’escala e lo temps, lo rasonament que demora lo medish. Segon eths l’Història que hasó la tria e ne demoraré pas mei au francés que la glòria passada de Montanha, escartes, Debussy e Cézanne, tant com per l’occitan las brembas d’aver estat la lenga deus trobadors, la lenga de la literatura per excelléncia deus XIIau et XIIIau sègles, o la deu pretz Nobel de literatura deu començament deu XXau sègle, Frederic Mistral. Donc ua logica darwiniana que separè los ganhants deus perdents, e que hasó vàder un sentiment autentic de superioritat lingüistic e ulturau, deus notables en lo ton emplegat per los jornalistes anglés et american.  E qu’ei sus aqueste sentiment de superioritat que s’empara la promocion d’un monolingüisme ondrat de l’ensenhament non precoç de las lengas estrangèras, títol au quau la lenga francesa n’a pas mei dret au perhons d’ua intelligéntsia anglofòn que’u ved com un objècte folcloric. Mes quin esperdici! Qui saberà denonciar aqueste logica d’oposicion de las lengas e substituí’u un sistèma collaboratiu? En «Lo mainat dab duas lengas», Claude Hagège, Professor au Collègi de França, que descriu questa situacion plan coneishuda deus etnològues e lingüistes, on las mairs d’uas zònas asiaticas o africanas que s’amassan per educar los hilhs e las hilhas. En lo cas comun on un mainat qu’a ua mair e tres sògras e que parlan lengas diferentas, n’a pas briga de pena a ne mestrejar quatre. Aquò que vau per tots e pas sonque taus mei dotats, totun que cau començar abans lo pas de la ubertat tot en seguir lo principi de Ronjat, «ua persona = ua lenga», que garanteish un aprenedissatge shens interferéncia entre las diferentas lengas. L’educacion qu’ei de segur l’endret on lo multilingüisme hè lo mei la pròva de la soa eficacitat. Atau que contunha Pierre Escudé:

«Bèra pausa que las evaluacions academicas o nacionaus que confirman resultats coneishuts alhors: ua classa d’escolans que beneficia d’un bilingüisme escolar plan bastit qu’obtien taus d’escaduda tostemps superiors en mejana a ua classa monolingüe, dab condicions sociaus egaus.»

Qu’ei tot lo desvolopament de las capacitats cognitivas deu mainat que’s tròba plan estimulat per lo bilingüisme precòç. Aquí tanben la collaboracion que prevau sus l’oposicion. Çò que permet d’anar tà delà un don particular per las lengas, com l’anglés, o de resultas escolarias significativement miélhers. Èra un temps quan los editorialistes se qüestionavan a perpaus de l’incapacitat de la França a trobar lo son lòc en la mondialisacion. Au men semblar, nat d’eths ne sabó bastir ua argumentacion pro solide tà balhar l’explicacion. Aqueste país qu’estó, dias a, lo mei ric d’Euròpa en matèria de diversitat lingüistica e culturau qu’ei, d’ara endavant, lo mei praube. En aquestas condicions, com ua nacion pregondament monolingüe e monoculturau poderé tirà’s la palheta en los contèxtes europeus e mondialisats? Education First, un programe internacionau de cors e d’escambis dab país anglofònes, que notava en las soas conclusions en 2012 que:

«La França que pòt har miélher. Lo niveth d’ensenhament de l’anglés en França qu’ei inferior a las nòrmas europeas, çò que representa ua trava, taus adultes d’aqueste país, en matèria d’accès aus mercats europeus e mondiaus.»

Mes resulta sustot que la França ne sap pas har vàler la soa proximitat lingüistica dab l’anglés

«A despieit d’arraditz latinas comunas dab la lenga anglesa, la França que’s bota en lo monde darrèr quaquas economias màgers en Asia taus com la Corèa deu Sud». Plan solide que ne seram pas susprés que los pòbles dejà bilingües se tiran la palheta:

 «A despieit de l’eretatge de l’Union sovietic e lo hèit que lo rus sii impausat com lenga estrangèra en daubas partidas d’Euròpa centrau, los adultes de uei qu’an aprés a parlar anglés».

Çò que n’ei pas shens conseqüéncia tà la França se legis suu rapòrt:

«La réticéncia pregonda deus francés a apréner l’anglés que mia la França a classà’s en devath de la màger part deus sons vesins suu punt deu niveth de lenga. Aquesta des·hidança que poderé miaçar l’escaduda grana economica deu país en ua periòde complicada»

«Empach [...] quan s’ageish de’s har vàler aus mercats europeus e mondiaus», miaça sus «l’escaduda economica grana deu país», que vedem plan dinc a quin punt lo risc de desclassament nacionau qu’ei gran quan un país fonciona sus basas monolingüas que van a contracorrent de çò qu’imposa la mondialisacion. E qu’ei shens comptar suu costat culturau de la problematica, pr’amor que la medisha frasa prononciada per un britanic dab l’accent d’Oxbridge que pòt aver un sens radicaument oposat en un contèxte texan o african. La capacitat a projectà’s en l’ambient culturau de l’aute qu’ei un element clau en mei d’integrar.

Plan solide ne parlém pas de reivindicar suu pitèr lo bilingüisme en lenga regionau e d’inversar lo sentiment de superioritat exposat abans. B’ei tot lo contra… Que cau amuishar dinc a quin punt aqueste sentiment qu’ei luenh de las realitats deu monde de uei e promòver un modèle collaboratiu on cada lenga e cultura, en trobar armoniosament lo son lòc, que seràn l’empara deu desvolopament de l’òmi de doman.

École et langue occitane (et aussi catalane, bretonne, alsacienne, corse,…)

Un peu de , , , le 25 mars 2016

Il est devenu commun de se désoler de l’état du système éducatif en France. Mais qu’en est-il vraiment? Antoine Prost, historien de l’éducation, signait dans Le Monde du 20 février 2013 un article intitulé «Le niveau scolaire baisse, cette fois-ci c’est vrai!» Sans prendre de gants, il y énumérait le net fléchissement du système actuel dans différentes enquêtes.

«Il faut pourtant sonner le tocsin. Tous les indicateurs sont au rouge. Dans les fameuses enquêtes PISA, la France est passée entre 2000 et 2009, pour la compréhension de l’écrit, du 10e rang sur 27 pays au 17e sur 33. La proportion d’élèves qui ne maîtrisent pas cette compétence a augmenté d’un tiers, passant de 15,2%, à 19,7%. En mathématiques, nous reculons également et nous sommes dans la moyenne maintenant, alors que nous faisions partie du peloton de tête. […] Et pour ne pas risquer d’être mal jugés, nous nous sommes retirés de l’enquête internationale sur les mathématiques et les sciences. […] Voici une autre enquête internationale qui, elle, fait référence aux programmes scolaires (Pirls). Elle porte sur les compétences en lecture après quatre années d’école obligatoire, donc à la fin du CM1. En 2006, sur 21 pays européens, la France se place entre le 14e et le 19e rang selon les types de textes et les compétences évaluées. Les enquêtes nationales vont dans le même sens. Le ministère a publié une synthèse des évaluations du niveau en CM2 de 1987 à 2007 (note d’information 08 38). Si le niveau est resté stable de 1987 à 1997, il a en revanche nettement baissé entre 1997 et 2007. Le niveau en lecture qui était celui des 10% les plus faibles en 1997 est, dix ans plus tard, celui de 21% des élèves. La baisse se constate quelles que soient les compétences. A la même dictée, 46% des élèves faisaient plus de 15 fautes en 2007, contre 21% en 1997.»
Céline Alvarez, ancienne institutrice de l’éducation nationale qui s’est faite connaître en couplant pédagogie Montessori et recherche en sciences cognitives, déclarait récemment «d’après un rapport du Haut Conseil de l’éducation, 40% d’enfants sortent chaque année du CM2 avec des lacunes qui les empêcheront d’avoir une scolarité normale au collège.» Alors même que l’OCDE indique dans ses rapports sur l’éducation que «les systèmes performants sont aussi ceux qui offrent des salaires élevés à leurs enseignants, surtout dans les pays au niveau de vie élevé» on constate qu’en 2012 «le salaire moyen des professeurs des écoles français est de 17% inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE» et, en particulier, ils gagnent 54% de moins que leurs voisins allemands… En ce qui concerne le taux d’encadrement, une note du Centre d’analyse stratégique, organisme rattaché à Matignon, précise en 2011 que la France est le pays qui possède le plus faible nombre de professeurs par élève parmi les 34 membres de l’OCDE. Pourtant on aurait tort de croire que les causes soient toutes liées au passé récent, même s’il est vrai qu’il est difficile de faire évoluer un système de plus de 6750000 d’élèves du premier degré qui se pense aussi uniforme et national. Le sociologue François Dubet, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, souligne que «la longue sédimentation des traditions scolaires napoléonienne et républicaine ne pousse guère à l’innovation, perçue comme une rupture de l’unité de l’école» et il ajoute que «notre système éducatif – surtout l’enseignement secondaire – s’est construit à partir du Premier Empire de façon très centralisée, renchérit l’historien Claude Lelièvre, et ce non pas en vue de l’égalité mais pour que “l’Etat fasse nation”, comme le disait Napoléon Ier.» Dans un tel contexte, on ne peut être surpris de constater que bon nombre de familles soient en demande d’une autre école, loin des contraintes d’uniformité d’un système de si grande taille, et donc plus en phase avec la réalité de l’enfant. Car partout les expériences se multiplient et sont le fruit de pionniers lassés d’attendre que la rue de Grenelle bouge enfin. Céline Alvarez et son approche Montessori ont été évoquées mais il y a aussi la pédagogie Freinet, celle-là même choisie par le réseau d’écoles occitanes Calandreta qui scolarise 3600 enfants dans 3 collèges et 62 écoles qui vont de Pessac, près de Bordeaux, jusqu’à Nice. Cette école a choisi de coupler pédagogie active et bilinguisme précoce. Car comme le dit un article de Cerveaux & Psycho d’octobre 2014 intitulé «être bilingue : une chance pour les enfants», il s’avère que «quand un enfant maîtrise deux langues valorisées dans la société où il vit, il développe de meilleures capacités cognitives, linguistiques et est plus performant à l’école qu’un jeune monolingue.» Un autre article de décembre 2011 «Enfants bilingues : un avantage indéniable» détaille des gains significatifs chez le jeune bilingue en créativité, flexibilité mentale, mémoire et capacité d’abstraction. Ainsi à la question: l’occitan ça sert à quoi? (question à laquelle tout parent qui inscrit son enfant dans une école occitane doit savoir répondre) la réponse ne peut qu’être: l’occitan ça sert à tout! Car dans toute école bilingue, la deuxième langue est un outil pédagogique en soi dont ne dispose pas l’école monolingue. De plus la majorité des singularités orthographiques françaises sont signées oralement en occitan et, dans la mesure où elles se prononcent, l’enfant est guidé par un fil logique dans son apprentissage de la langue française. Le principe est le même avec d’autres langues latines telles le catalan et le corse. Quant aux langues comme le breton, l’alsacien, le basque, … les concepts sur lesquels elles reposent aident l’enfant à développer plus encore ses capacités d’abstraction.


Il serait injuste de dire que l’Éducation nationale reste totalement à l’écart d’un tel mouvement, comme en témoigne l’existence de classes bilingues français-occitan. Il convient toutefois de préciser que de telles initiatives sont très isolées, à titre d’exemple la Gironde ne compte que deux écoles qui se sont lancées dans l’aventure alors qu’il s’agit du département le plus grand de France métropolitaine en superficie et le 6ème en terme de population! Gilbert Dalgalian, psycho-linguiste spécialisé dans les apprentissages précoces de langues, ancien expert UNESCO en technologies éducatives s’est intéressé à leurs performances:

«L’éducation nationale, à un moment donné, non seulement s’est intéressée à la question du bilinguisme mais a fait des évaluations parce qu’elle ne pouvait pas se lancer dans cette initiative de filière publique bilingue si il n’y avait pas d’évaluation préalable. Les évaluations n’ont pas porté sur la langue régionale mais sur le français et les mathématiques et là, surprise … Les évaluations ont donné de petits écarts dès le CP, toujours au profit des moyennes des classes bilingues comparées aux classes monolingues de même âge et de même niveau, mais de petits écarts dont on ne peut tirer grand chose. Puis les écarts au CE1-CE2 se sont creusés un petit peu mais là aussi on n’a pas voulu tirer trop prématurément de conclusions. Et puis d’un seul coup au CM1-CM2 on a vu que les écarts étaient devenus énormes, dans tous les cas très importants, et les moyennes des classes bilingues étaient systématiquement supérieures en français et en mathématiques aux moyennes des classes monolingues, de même âge et de même niveau.»

Mais de telles initiatives peuvent parfois se heurter à de profonds verrous psychologiques. Ainsi un article du 11 février 2015 de la Depêche relatait qu’«il n’est pas banal de rencontrer une manifestation contre l’ouverture d’une classe bilingue français/occitan» et détaillait celle de Cambon dans le Tarn. La France est-elle le seul pays où des parents peuvent manifester pour une approche pédagogique objectivement moins performante? (Et qui concerne leurs propres enfants) Car comme le dit le Professeur Dalgalian:

«Grâce aux images IRM du cerveau on peut expliquer les facilités des enfants bilingues en langues et calcul : on constate en effet que l’aire de Broca est plus développée chez eux que chez l’enfant monolingue. L’aire de Broca, qui est située dans la zone préfrontale gauche s’occupe de tout ce qui est automatique en langue et de tout ce qui est formel, l’ordre des mots et les conjugaisons. Tout ça acquis quand on est petit a été automatisé et les automatismes sont stockés et gérés dans l’aire de Broca qui nous permet l’accès à la complexité et l’abstraction sans nous embarrasser l’esprit de la mise en forme qui y est faite automatiquement. On voit que la zone de Broca chez un enfant bilingue est plus grosse et intégrée et gère les deux langues donc il est plus performant que le monolingue qui lui a une zone plus petite, ou même chez le bilingue tardif qui a deux Broca mais qui sont construits séparément et donc il est tributaire d’un allez-retour volontaire et conscient. Chez le bilingue précoce on peut passer librement d’une langue à l’autre en reformulant librement son vécu.»
Claude Hagège, Professeur au Collège de France, parle dans son ouvrage «L’enfant aux deux langues» du seuil fatidique des 10-11 ans. En effet, il n’est nul besoin d’être un expert pour comprendre que les langues doivent s’acquérir tôt. Pourtant le système traditionnel attend que l’enfant ait 11 ans pour faire intervenir un professeur spécialisé dans leur apprentissage… Il fonctionne donc à contre-courant du développement de l’enfant!
Malgré la présence active de blocages psychologiques et institutionnels, la nécessité de construire un système éducatif performant a remis en selle la langue occitane et ses consœurs. S’appuyer sur ces langues pour développer le bilinguisme précoce permet non seulement de le faire à un coût défiant toute concurrence, mais aussi d’avoir des enfants qui trouveront mieux leur place dans un monde globalisé et une Europe multilingue et multiculturelle. Loin de constituer une opposition, local et global sont les deux extrémités d’un même ensemble cohérent, car comme le stipule le dicton «Les arbres aux racines profondes sont ceux qui montent haut.»

V.Delòs

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Escòla e lenga occitana (e tanben catalan, breton, alsacian, còrsa, …)


Uei lo dia, qu’ei comun de lamentà’s sus l’estat deu sistèma educatiu francés. Mes on n’èm concrètament? Antoine Prost, istorian de l’educacion, que signava en Le Monde deu 20 de heurèr de 2013 un article titolat «Lo nivèu escolari que baisha, e aqueste còp b’ei vertat!» Suu huec, qu’i enumerava la devarada deu sistèma actuau en diferentas enquèstas.
«Totun que cau har lo tòca-senh. Tots los indicators que son au roi. En las plan conegudas enquèstas PISA, la França que passè entre 2000 e 2009, per çò que concerneish la compreneson de l’escriut, deu 10au reng sus 27 país au 17au sus 33. La proporcion d’escolans qui ne mestrejan pas aquesta competéncia que creishó d’un tèrç, en passar de 15,2%, a 19,7%. En matematicas, qu’arreculam tanben e que n’èm a la mejana adara, mentre que hasèvam partida deus miélhers. […] E entà ne pas arriscar d’estar malament jutjats, que’ns èm retirats de l’enquèsta internacionau sus las matematicas e sciéncias. […] Ací qu’ei ua auta enquèsta internacionau qui hè referéncia aus programas escolaris (Pirls). Que tracta de las competéncias en lectura après quatre annadas d’escòla obligatòria, donc a la fin deu CM1. En 2006, sus 21 país europèus, França que’s situa entre lo 14au e 19au reng segon lo tipe de tèxte e las competéncias evaluadas. Las enquèstas nacionaus que van tà la medisha direccion. Lo ministèri que publiquè ua sintèsi de las evaluacions deu nivèu en CM2 de 1987 a 2007 (nòta d’informacion 08 38). Se lo nivèu demorè estable de 1987 a 1997, en cambi qu’a plan baishat entre 1997 e 2007. Lo nivèu en lectura deus 10% los mei febles en 1997 que representa, detz ans mei tard, 21% deus escolans. La baisha que’s constata quaus que siin las competéncias. A la medisha dictada, 46% deus escolans que hasèvan mei de 15 fautas en 2007, contra 21% en 1997.»
Céline Alvarez, anciana regenta de l’educacion nacionau que s’a hèit conèisher en coplar pedagogia Montessori e recèrca en sciéncias cognitivas, que declarava recentament «segon un rapòrt deu Haut Conselh de l’educacion, 40% deus mainats que sorteishen cada anada deu CM2 dab mancas que’us empacharàn d’aver ua escolaritat normau au collegi.» Mentre que l’OCDE indica en los sons rapòrts sus l’educacion que «los sistèmas competitius que son tanben los qui balhan salaris hauts aus ensenhaires, mei que mei en los país de haut nivèu de vita» que constatam qu’en 2012 «lo salari mejan deus regents francés qu’ei 17% inferior a la mejana deus país de l’OCDE» e, en particular, que ganhan 54% de mensh que los lors vesins alemands… Per çò que concerneish lo taus d’escolans per regent, ua nòta deu Centre d’analisi estrategica, organisme estacat a Matignon, precisè en 2011 que la França qu’ei lo país deu quau nombre d’ensenhaire per escolans qu’ei lo mei feble deus 34 membres de l’OCDE. Totun qu’averem tòrt de créder que las causas siin totas ligadas au passat recent, quan ei vertat qu’ei deus mauaisits de har cambiar un sistèma de mei de 6750000 d’escolans deu purmèr grad que’s pensa tant unifòrme e nacionau. Lo sociològue François Dubet, director d’estudis à l’Escòla deus hauts estudis en sciéncias sociaus, que hè notar que «la longa sedimentacion de las tradicions escolàrias napoleonianas e republicana ne honha pas guaire a l’inovacion, percebuda com ua ruptura de l’unitat de l’escòla» e qu’ajusta que «lo noste sistèma educatiu – sustot l’ensenhament secondari – que’s bastíi a partir deu Purmèr Empèri de faiçon hèra centralisada, susditz l’istorian Claude Lelièvre, e aquò non pas en vista de l’egalitat mes per que “l’Estat hasqui nacion”, com ac disèva Napoleon Ier.»
En un tau contèxte, ne podem pas estar susprés de constatar que numerosas familhas demandin ua auta escòla, luenh de las constrentas d’uniformitat d’un sistèma de talha tan grana, e donc mei en acòrd dab la realitat deu mainat. Per’mor que pertot las experiéncas que’s multiplican e son lo frut de precursors harts d’esperar que, fin finau, la carrèra de Grenelle que’s bolegui. Céline Alvarez e lo son apròchi Montessori qu’an estat evocadas mes i a tanben la pedagogia Freinet, causida per lo hialat d’escòlas occitanas Calandreta qu’escolarizan 3600 mainats en 3 collegis e 62 escòlas que van de Peçac, au ras de Bordèu, dinc a Niça. Aquesta escòla a causit de coblar pedagogia activa e bilingüisme precòç. Per’mor que com ac ditz un article de Cerveaux & Psycho d’octobre de 2014, intitulat «Estar bilingüe : ua sòrta taus mainats», que’s confirma que «quan un mainat mestreja duas lengas valorizadas en la societat on viu, que desvolopa miélhers capacitats cognitivas, lingüisticas e qu’ei mei competetiu a l’escòla qu’un mainat monolingüe.» Un aute article de deceme de 2011 «Mainats bilingües : un avantatge indenegable» que desteca ganhs significatius en çò deu joen bilingüe en creativitat, flexibilitat mentau, memòria e capacitat d’abstraccion. Atau a la qüestion: l’occitan a que serveish? (qüestion a la quau tot pair qu’inscriu lo hilh en ua escòla occitana que deu saber respóner) la responsa ne pòt qu’estar: l’occitan que serveish a tot! Per’mor qu’en las escòlas bilingüas, la dusau lenga qu’ei un aperet pedagogic en si medish deu quau l’escòla monolingüe ne pòt pas dispausar. De mei la majoritat de las singularitats ortograficas francesas que son signadas oraument en occitan e, per tant que’s prononciin, lo mainat qu’ei miat per un hiu logic en lo son aprenedissatge de la lenga francesa. Lo principi qu’ei lo medish dab autes lengas latinas com lo catalan e lo còrs. Per çò de a las lengas com lo breton, l’alsacian, lo basc, … los concèptes sus los quaus emparan qu’ajudan lo mainat a desvolopar enqüèra mei las soas capacitats d’abstraccion.
Díser que l’Educacion nacionau que demòra totaument a despart d’un tau movement que seré injust, com ac prova l’existéncia de las classas bilingüas francés-occitan. Totun que cau precisar que taus iniciativas que son hèra isoladas, per exemple la Gironda ne pòt comptar que duas escòlas mentre que s’ageish deu despartement lo mei gran de França metropolitana en superficia e lo 6au quan se tracta de la populacion! Gilbert Dalgalian, psicolingüista  especializat en los aprenedissatges precoces de lengas, ancian expèrt UNESCO en tecnologias educativas que s’ei interessat a las lors qualitats tecnicas:
«L’educacion nacionau, a un moment, non solament que s’ei interessada a la qüestion deu bilingüisme mes tanben que hasó evaluacions pr’amor que ne podèva pas avia’s en aquesta iniciativa de cordèra publica bilingüe se n’i avèva pas d’evaluacion preliminara. Las evaluacions ne portèn pas sus la lenga regionau mes suu francés e las matematicas e aquí, suspresa… Las evaluacions que balhèn petits escarts tanlèu com lo CP, tostemps au profieit de las mejanas de las classas bilingüas comparadas a las classas monolingüas de medish atge e de medish nivèu, mes petits escarts deus quaus ne podem tirar guaire causas. Puish los escarts deu CE1-CE2 que creishèn drin mes ne volon pas tanpauc tirar tròp davant d’òra conclusions. E fin finau, au CM1-CM2 que vedon que los escarts qu’èran deus grans, en tots los cas hèra importants, e las mejanas de las classas bilingüas qu’èran sistematicament superiors en francés e en matematicas a las mejanas de las classas monolingüas, de medish atge e de medish nivèu.»
Mes, a còps, pregonds varrolhs psicologics que hèn puisheu ad aquestas iniciativas. Atau un article deu 11 heurèr de 2015 de la Depêche que relatava que «n’ei pas banau d’encontrar ua manifestacion contra l’obertura d’ua classa bilingüa francés/occitan» e destacava la de Cambon en lo Tarn. La França que seré l’unic país on pairs pòden manifestar per ua tecnica pedagogica objectivament mensh competitiva? (E que concerneish los lors pròpis hilhs) Car com ac ditz lo Professor Dalgalian:
«Gràcia a las imatges IRM deu cervèth que podem explicar las facilitats deus mainats bilingües en lenga e calcul : en hèit que constatam que l’aira de Broca qu’ei mei desvolopada en eths qu’en lo monolingüe. L’aira de Broca, qu’ei situada en la zòna prefrontau esquerra que s’acuenta de tot çò qu’ei automatic en lenga e de tot çò qu’ei formau, l’òrdi deus mots e las conjugasons. Tot aquò qu’ei automatizat si estó aquesit de petit, e los automatismes que son enterpausats e gerits en l’aira de Broca que’ns permeten l’accès a la complexitat e l’abstraccion shens embagatjà’ns l’esperit dab la mesa en fòrma qu’i ei hèita automaticament. Que’s ved que la zòna de Broca deu mainat bilingüe qu’ei mei grossa et integrada e administra las duas lengas donc qu’ei mei competetiu que lo monolingüe qu’a ua zòna mei petita, e quitament mei competetiu que lo bilingüe tardiu qu’a dus Broca mes que son bastits separadament e donc qu’ei tributari d’un anar e tornar volontari e conscient. Dab lo bilingüe precoç que’s pòt passar librament d’ua lenga a l’auta.»
Claude Hagège, Professor au Collegi de França, que parla en lo son libe «Lo mainat dab duas lengas» deu lindau fatidic deus 10-11 ans. En hèit, n’i pas cap besonh d’estar un expèrt entà compréner que las lengas que’s deben aquesir lèu. Totun lo sistèma tradicionau qu’espèra que lo mainat agi 11 ans entà implicar un professor especializat en lo son apprenedissatge… Que fonciona donc a contra-corrent deu desvolopament deu mainat!
Au despieit de la preséncia activa de blocatges psicologics e institucionaus, la necessitat de bastir un sistèma educatiu competetiu qu’a tornat hicar en sèra la lenga occitana et las soas consòrs. Emparà’s sus aquestas lengas entà desvolopar lo bilingüisme precoç que permet non solament d’ac har a un còst des·hidant tota concurréncia, mes tanben d’aver mainats que trobaran miélher la lor plaça en un monde globalizat e ua Euròpe multilingüe e multiculturau. Luenh de constituar ua oposicion, lo locau e lo globau que son las duas extremitats d’un medish ensemble coerent, car com ac ditz l’arreproèr «Los arbos dab arraditz pregondas que son los que pujan haut.»

V.Delòs

L’intolérable éditorial de Christophe Barbier ou les conséquences de l’inégalité des langues

Un peu de , , le 15 February 2016

Les Corses opteront-ils pour le suicide en réclamant l’indépendance? (éditorial de C. Barbier publié dans l’Express)

Débat Commedia Christophe Barbier crop

Le 28 juillet 1885 Jules Ferry prononça à l’Assemblée nationale son discours sur les races inférieures et supérieures et s’exprima en ces termes:

“Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. [...] Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures.”

Même à l’époque un tel discours était osé et, avant la brillante réplique donnée deux jours plus tard par Clémenceau, c’est Maigne qui riposta immédiatement dans l’hémicycle: “Oh! Vous osez dire cela dans le pays où ont été proclamés les droits de l’homme!”. Puis il fut suivi par de Guilloutet: “C’est la justification de l’esclavage et de la traite des nègres!”

Ces références à 1789 et 1848 étaient fort justes, car même si elle fut un état esclavagiste, raciste et colonialiste, la France se distingua particulièrement dans le combat de l’émancipation de l’homme. Et, passant des problématiques de race à celles de religion, elle sut aussi développer le concept de laïcité. L’affaire Dreyfus, la loi de 1905, le travail entrepris autour de la Shoah permirent de prendre le pas sur cette vieille souche antisémite française qui fut particulièrement active à certains moments de l’histoire de ce pays – on se souvient de Simone Veil qui racontait comment elle devait cacher son insigne de scout juive dans les transports en commun du Nice des années 30. Si la France put traiter en profondeur les problèmes touchant à la race et la religion, il n’en fut pas de même pour les langues et les cultures. Ainsi on ne peut être surpris de retrouver dans la bouche de l’éditorialiste de l’Express (Christophe Barbier 22/12/2015) ce vieux mélange de sentiment de supériorité et de paternalisme:

“Aux cultures basque, bretonne, alsacienne, picarde ou berrichonne, celle qui prospère à Bastia, Ajaccio ou Corte n’a rien à envier. Mais la culture française, mélange et transcendance de ces apports régionaux, est d’un ordre infiniment supérieur.”

La juxtaposition des mots “infiniment” et “supérieur” pourrait prêter à sourire si tout l’éditorial n’était pas aussi problématique pour le fait corse. Linguistiquement d’abord, le corse est pour Christophe Barbier “un dialecte chaleureux et chantant, peu propice aux envolées oratoires tout en atteignant parfois de touchants accents de gravité.”

Curieuse façon de catégoriser les langues… Comme le dit Ngalasso Mwatha, Professeur de sociolinguistique et de linguistique à l’Université Michel de Montaigne:

“Aujourd’hui on admet généralement que chaque langue organise la pensée et dit le monde d’une façon propre, et que toutes les langues peuvent tout dire avec des moyens différents mais tout aussi efficaces.”

La vision de Christophe Barbier n’est finalement pas loin de la définition du Nouveau Petit Robert de la Langue française de 2009 qui donne le mot patois comme un “parler local, dialecte employé par une population généralement peu nombreuse, souvent rurale et dont la culture, le niveau de civilisation sont jugés inférieurs à celui du milieu environnant (qui emploie la langue commune)”.

Et, comme dans la définition du dictionnaire, l’éditorialiste passe de la langue à la culture:

“Seules la langue et la culture françaises ont accédé à l’universel. Il n’y a pas de Voltaire ni de Hugo corses, et c’est le français que l’on entend dans les cénacles olympiques, grâce à Coubertin, comme dans les travées des Nations unies, grâce à de Gaulle.”

Faut-il rappeler que dès septembre 1793 la Terreur des jacobins définit l’éradication des “parlers locaux” comme un objectif politique? Comme le disent les députés Urvoas et Jung dans leur essai “Langues et cultures régionales : en finir avec l’exception française”, tout ceci a “largement contribué à forger le surmoi jacobin qui, pour le grand malheur des langues et cultures régionales, imprègne encore largement la haute administration et la classe politique françaises.” Les parlementaires vont jusqu’à parler de 5 siècles de discrimination dont la loi Deixonne sera le premier réel contrefeu en 1951 même si, disent-ils, la représentation nationale, dans les années 1950-1970, reste massivement et parfois violemment hostile aux langues régionales” et que “le pouvoir exécutif, enfermé dans ses vieux réflexes anti-patois, ne donne guère l’exemple”. Et pourtant, la langue corse ne figurait pas dans la loi Deixonne et dut attendre 1974 pour faire son entrée dans l’enseignement. On voit mal comment dans ces conditions une autre langue que le français pourrait se développer… Loin de vouloir excuser, comprendre ou réparer – n’est-ce pas là le propre de celui qui défend des valeurs universelles? N’est-ce pas là la vraie attitude de l’homme civilisé? – l’éditorialiste poursuit avec un certain cynisme en estimant que la Corse ne saurait en aucun cas se suffire à elle-même : langue “dialecte”, culture d’un ordre inférieur à la française, elle est aussi économiquement dépassée car “indépendante, elle ne pourra devenir qu’un paradis fiscal inondé d’argent sale et doublé d’un vaste écomusée pour hordes de touristes” et sera à nouveau “un confetti encombré de chèvres et de châtaigniers”.

L’historien Patrick Weil est bien plus éclairé lorsqu’il définit l’égalité des droits comme ce qui fut le premier moteur de construction de la nation française et, de nos jours, c’est l’égalité des langues et des cultures qui permettra à Paris et à la Corse de trouver une relation aussi apaisée qu’équilibrée. Un tel éditorial, avec ses concepts d’infériorité et de supériorité, semble surgir d’un passé révolu et ne peut que desservir son propre objectif en accroissant le désir d’émancipation des Corses. Car si l’homme du XIXème a vécu dans un système lui faisant intérioriser et admettre l’infériorité de sa langue et sa culture, celui du XXIème n’est plus dupe de rien. Et plus le temps passera, plus se développera une conscience corse à laquelle désormais plus rien ne fait obstacle. Et une telle conscience, poussée par l’exécutif local, aura le plus grand mal à définir sa place dans un carcan dérivé du jacobinisme. D’autant plus que cet exécutif ne cessera de s’appuyer sur l’esprit de la Convention internationale des Droits de l’Enfant et  la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, toutes deux signées par la France mais jamais vraiment appliquées. Que vaut donc la signature de la France en ce domaine? Renan disait:

“L’homme n’est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagnes. Une grande agrégation d’hommes, saine d’esprit et chaude de cœur, crée une conscience morale qui s’appelle une nation.”

Le temps est venu désormais de savoir si on souhaite l’inscrire dans une optique égalitaire et humaniste ou bien si on persiste dans un système fondé sur une hiérarchie héritée de la Terreur.

V.Delòs

L’editoriau a non pas pérmeter de Christophe Barbier o las consequéncias de l’inegalitat de las lengas

Les Corses opteront-ils pour le suicide en réclamant l’indépendance? (éditorial de C. Barbier publié dans l’Express)

Lo 28 de julhet de 1885 Jules Ferry que prononciè a l’Amassada nacionau lo son devís sus las raças inferioras e superioras, e que s’exprimí atau:

“Sénhers, que cau que parlem mei haut e clar! Que cau díser francament qu’en hèit, las raças superioras qu’an un dret sus las raças inferioras. [...] Que torni díser qu’i a tà las raças superioras un dret pr’amor qu’i a tanben un déber tad èras. Qu’an lo déber de civilizar las raças inferioras.”
Quitament en aqueths temps, un devís d’aqueths qu’èra gausat e, abans la rebecada trelusenta balhada dus dias après per Clémenceau, qu’ei Maigne que responó suu pic en l’emicicle: “Ò! Qu’ac gausatz díser en lo país on eston proclamats los drets de l’òmi!”. Puish qu’estó seguit per Guilloutet:“B’ei la justificacion de l’esclavatge e deu comèrci deus negres!”.
Aquestas referéncias au 1789 e 1848 qu’èran hèra justificadas: a despieit deu son passat esclavagista, racista e colonialista, França que’s distinguí particularament a l’òra deu combat de l’emancipacion de l’òmi. E que sabó tanben desvolopar lo concèpte de laïcitat en passar deu maine de la raça a lo de la religion. Lo ahar Dreyfus, la lei deu 1905, lo tribalh entreprès a l’entorn de la Shoah que permeton de superar aquesta vielha soca antisemita qu’estó particularament activa en daubuns moments de l’istòria d’aqueste país – que’ns podem brembar Simone Veil que contava com s’avèva d’estujar l’insigne d’escot judiu aus transpòrts publics deu Niça deus ans 30. Se França que podó tractar en pregondor los problèmas pertocant tant a la raça com a la religion, n’estó pas parièr tà las lengas e culturas. Atau ne podem pas estar susprés de tornat trobar, dens los escriuts de l’editorialista de l’Express (Christophe Barbier 22/12/2015) aquesta vielha mescla de sentiment de superioritat e paternalisme:
“A las culturas basca, bretona, alsaciana, picarda o berishonna, la que prospera a Bastia, Ajaccio o Corte n’a pas arren a envejar. Mes la cultura francesa, mescla e transcendéncia d’aquestes apòrts regionaus, qu’ei d’un òrdi infinidament superior.”
La juxtaposicion deus mòts “infinidament” e “superior” que poderé har sorríder se tot l’editoriau n’estossi pas tant problematic tau hèit còrse. En purmèr lingüisticament, lo còrse qu’ei tà Christophe Barbier“un dialècte calorós e cantadís, pauc propici aus arsecs oratòris en bèth aténher pertocant accents de gravitat”. Categorizar las lengas atau qu’ei curiós… Com ac ditz Ngalasso Mwatha, Professor de sociolingüistica e de lingïistica a l’Universitat Miquèu de Montanha:
“Uei lo dia, qu’admetem generaument que cada lenga organiza la pensada e ditz lo monde d’ua faiçon pròpia, e que totas las lengas que pòden tot díser dab mejans tan diferents com eficaçes”.
La vision de Christophe Barbier n’ei finaument pas luenh de la definicion deu Nouveau Petit Robert deu 2009 que balhava lo mot patuès com un“parlar locau, dialècte emplegat per ua populacion pas guaire numerosa, sovent rurau e de la quau cultura e nivèth de civilizacion que son jutjats inferiors a los de l’ambient (qui emplega la lenga comuna)”.
E, com en la definicion deu diccionari, l’editorialista que passa de la lenga a la cultura:
“N’i a pas sonque que la lenga e la cultura francesas qu’agin accedit a l’universau.  N’i pas de Voltaire ni tanpauc de Hugo corsos, e qu’ei lo francés qu’entenem en los cenacles olimpics, gràcia a Coubertin, com en las arrengadas de las Nacions unidas, gràcia a De Gaulle”.
E cau brembar que tanlèu com lo 1793 la Terror deus jacobins que fixè l’eradicacion deus “parlars locaus” com un objectiu politic? Atau qu’ac disen los deputats Urvoas e Lang en lo lor ensai “Lengas e culturas regionaus: en acabar dab l’excepcion francesa”, tot aquò que “contribuí a hargar lo suberegò jacobin que, malament tà las lengas e culturas regionaus, adaiga largament la hauta administracion e la classa politica francesas.” Los parlamentaris que parlan quitament de 5 sèglas de discriminacion de la quau la lei Deixonne estó lo purmèr vertadèr contrahuec en 1951 a despieit de “la representacion nacionau, en los ans 1950-1970, que demorè massivament e, a còps, forcivament ostila a las lengas regionaus” e que “lo poder executiu, embarrat en los sons reflèxs anti patuès ne dè pas guaire la mustra”. E totun la lenga còrsa ne figurava pas en la quita lei Deixonne e que devó esperar l’an 1974 entà aparéisher dens l’ensenhament. Ne vedem pas com en aquestas condicions ua auta lenga que lo francé poderé desvolopà’s… Au lòc de voler desencusar, compréner o reparar -  ne seré pas aquò lo pròpi de lo qui defen las valors universaus? Ne seré pas aquò l’actitud de l’òmi civilizat? – l’editorialista que contunha dab un cèrt cinisme en estimar que Corsega ne saberé de cap manièra sufí’s a era medisha: lenga “dialècte”, cultura d’un òrdi inferior a la francesa, que n’a pas tanpauc ua economia de capatge pr’amor que“independenta, ne podrà pas estar mei qu’un paradís fiscau adaigat de dinèrs cascants e doblat d’un vast ecomuseu per toristadas” e tornarà estar un
“confeti encombrat de crabas e castanhèrs”.
L’istorian Patrick Weil qu’ei hòrt mei enclarit quan fixa l’egalitat deus drets com lo purmèr motor de construccion de la nacion francesa e, uei lo dia, qu’ei l’egalitat de las lengas e culturas que permeterà a París e Corsega de trobar ua relacion tan apatzada com equilibrada. Un editoriau d’aqueths, dab los sons concèptes d’inferioritat e superioritat, que sembla gessit d’un passat escorrut e ne pòt pas sonque har puisheu au son objectiu en har créisher l’enveja d’emancipacion deus còrses. Pr’amor que se l’òmi deux sègle XIX que vivó dens un sistema que’u hasèva interiorizar e adméter l’inferioritat de las soas lenga e cultura, lo deu sègle XXI n’ei pas mei enganhat per arren. E com mei anar, mei se desvoloparà ua consciéncia còrsa a la quau d’ara endavant arren ne pòt pas har puisheu. E ua tau consciéncia, dinamizada per l’executiu locau, que se’n vederà entà definir lo son lòc dens un carcan derivat deu jacobinisme. En mei qu’aquèste executiu ne deisharà pas d’emparà’s sus l’esperit de la Convencion internacionau deus drets deu mainadèr e la Carta europea de las lengas regionaus o minoritàrias, las duas qu’eston signadas per França mes jamei vertadèrament aplicadas. Que vau la signatura de França en aquèste maine? Renan que disèva
“L’òmi n’ei pas l’esclau ni de la soa raça, ni de la soa lenga, ni de la soa religion, ni deu cors deus arrius, ni de la direccion de las cadenas de las montanhas. Ua grana agregacion d’òmis, sana d’esperit e cauda de còr, que crea ua consciéncia morau que s’apèra ua nacion.”
Lo temps qu’ei arribat d’ara enlà de saber se volem ac inscríver en ua optica egalitària e umanista o lavetz, se persistim dab un sistema fondat sus ua ierarquia eretada de la Terror.
V.Delòs

20 février: 300° émission Adishatz + concert de Maragane

Un peu de , le 5 February 2016

[FR] Samedi 20 février à 15H,salle des Fêtes Saint-Romain a Sauvatèrra de Guiana en Gironda, l’enregistrement de la 300 ième émission ADISHATZ, se fera en public au profit des élèves de la Calandreta(école occitane) de BARSAC avec le groupe “MARAGANE”.Entrée 5 euros.

 [OC] Maria Elena DESERT es la convidada de l’emission ADISHATZ. Fa partida del grop MARAGANE qu’aurem lo plaser d’aculhir lo dissabte 20 de febrièr dins una emission en public a partir de 3 oras de la tantossada dins la sala de las fèstas, 4 carrièra Sant Roman a Sauvatèrra de Guiena en companha dels escolans de la calandreta del Siron.
MARAGANE

MARAGANE

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24 janvier: théâtre gascon et dictée occitane à Pessac (salle de France)

Un peu de , , le 22 January 2016

  Dimenge 24 de genèr “Salle de France” Pessac / Peçac

Qu’ès aquò ? Ua jornada d’encontre de totas las personas de Gironda a qui agrada la lenga nosta !

 

On se harà ? A PESSAC , sala deu barri France, rua A. France (paralèla au gran camin d’Arcaishon, darrèr lo comisariat de policia de l’av deu Gl Leclerc)

 

Lo programa de la jornada:

 

11 òras : Dictada per 3 nivèus de coneishença : escolans, adultes aprenents, estudiants e adultes acostumats d’escriber

 

Mieidia : Distribucion de prèmis e aperitiu auherit a tots Disnar tradicionau a 10 € sonque per los participants a la dictada e lor familha -5€ per los mainats de mens de 10ans (se har seguir lo cobèrt) Bolhon dab vérmisèl – borit de bueu e de vetèth,- hromatge – còca e café – vin blanc e roge.

 

3 òras deu vrèspe : teatre deu terrador gascon per « Los Bohons au tòp » de Bazats – A gratis per los participants a La Dictada Entrada a 5€ per los qui vieneràn sonque per l’espèctacle

 

infò: contact@ostau-occitan.org / 05 56 36 30 27dictada_occitana_600 IMG_4094