L’intolérable éditorial de Christophe Barbier ou les conséquences de l’inégalité des langues

Un peu de , , le 15 février 2016

Les Corses opteront-ils pour le suicide en réclamant l’indépendance? (éditorial de C. Barbier publié dans l’Express)

Débat Commedia Christophe Barbier crop

Le 28 juillet 1885 Jules Ferry prononça à l’Assemblée nationale son discours sur les races inférieures et supérieures et s’exprima en ces termes:

« Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. […] Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. »

Même à l’époque un tel discours était osé et, avant la brillante réplique donnée deux jours plus tard par Clémenceau, c’est Maigne qui riposta immédiatement dans l’hémicycle: « Oh! Vous osez dire cela dans le pays où ont été proclamés les droits de l’homme! ». Puis il fut suivi par de Guilloutet: « C’est la justification de l’esclavage et de la traite des nègres! »

Ces références à 1789 et 1848 étaient fort justes, car même si elle fut un état esclavagiste, raciste et colonialiste, la France se distingua particulièrement dans le combat de l’émancipation de l’homme. Et, passant des problématiques de race à celles de religion, elle sut aussi développer le concept de laïcité. L’affaire Dreyfus, la loi de 1905, le travail entrepris autour de la Shoah permirent de prendre le pas sur cette vieille souche antisémite française qui fut particulièrement active à certains moments de l’histoire de ce pays – on se souvient de Simone Veil qui racontait comment elle devait cacher son insigne de scout juive dans les transports en commun du Nice des années 30. Si la France put traiter en profondeur les problèmes touchant à la race et la religion, il n’en fut pas de même pour les langues et les cultures. Ainsi on ne peut être surpris de retrouver dans la bouche de l’éditorialiste de l’Express (Christophe Barbier 22/12/2015) ce vieux mélange de sentiment de supériorité et de paternalisme:

« Aux cultures basque, bretonne, alsacienne, picarde ou berrichonne, celle qui prospère à Bastia, Ajaccio ou Corte n’a rien à envier. Mais la culture française, mélange et transcendance de ces apports régionaux, est d’un ordre infiniment supérieur. »

La juxtaposition des mots « infiniment » et « supérieur » pourrait prêter à sourire si tout l’éditorial n’était pas aussi problématique pour le fait corse. Linguistiquement d’abord, le corse est pour Christophe Barbier « un dialecte chaleureux et chantant, peu propice aux envolées oratoires tout en atteignant parfois de touchants accents de gravité. »

Curieuse façon de catégoriser les langues… Comme le dit Ngalasso Mwatha, Professeur de sociolinguistique et de linguistique à l’Université Michel de Montaigne:

« Aujourd’hui on admet généralement que chaque langue organise la pensée et dit le monde d’une façon propre, et que toutes les langues peuvent tout dire avec des moyens différents mais tout aussi efficaces. »

La vision de Christophe Barbier n’est finalement pas loin de la définition du Nouveau Petit Robert de la Langue française de 2009 qui donne le mot patois comme un « parler local, dialecte employé par une population généralement peu nombreuse, souvent rurale et dont la culture, le niveau de civilisation sont jugés inférieurs à celui du milieu environnant (qui emploie la langue commune) ».

Et, comme dans la définition du dictionnaire, l’éditorialiste passe de la langue à la culture:

« Seules la langue et la culture françaises ont accédé à l’universel. Il n’y a pas de Voltaire ni de Hugo corses, et c’est le français que l’on entend dans les cénacles olympiques, grâce à Coubertin, comme dans les travées des Nations unies, grâce à de Gaulle. »

Faut-il rappeler que dès septembre 1793 la Terreur des jacobins définit l’éradication des « parlers locaux » comme un objectif politique? Comme le disent les députés Urvoas et Jung dans leur essai « Langues et cultures régionales : en finir avec l’exception française », tout ceci a « largement contribué à forger le surmoi jacobin qui, pour le grand malheur des langues et cultures régionales, imprègne encore largement la haute administration et la classe politique françaises. » Les parlementaires vont jusqu’à parler de 5 siècles de discrimination dont la loi Deixonne sera le premier réel contrefeu en 1951 même si, disent-ils, « la représentation nationale, dans les années 1950-1970, reste massivement et parfois violemment hostile aux langues régionales » et que « le pouvoir exécutif, enfermé dans ses vieux réflexes anti-patois, ne donne guère l’exemple ». Et pourtant, la langue corse ne figurait pas dans la loi Deixonne et dut attendre 1974 pour faire son entrée dans l’enseignement. On voit mal comment dans ces conditions une autre langue que le français pourrait se développer… Loin de vouloir excuser, comprendre ou réparer – n’est-ce pas là le propre de celui qui défend des valeurs universelles? N’est-ce pas là la vraie attitude de l’homme civilisé? – l’éditorialiste poursuit avec un certain cynisme en estimant que la Corse ne saurait en aucun cas se suffire à elle-même : langue « dialecte », culture d’un ordre inférieur à la française, elle est aussi économiquement dépassée car « indépendante, elle ne pourra devenir qu’un paradis fiscal inondé d’argent sale et doublé d’un vaste écomusée pour hordes de touristes » et sera à nouveau « un confetti encombré de chèvres et de châtaigniers ».

L’historien Patrick Weil est bien plus éclairé lorsqu’il définit l’égalité des droits comme ce qui fut le premier moteur de construction de la nation française et, de nos jours, c’est l’égalité des langues et des cultures qui permettra à Paris et à la Corse de trouver une relation aussi apaisée qu’équilibrée. Un tel éditorial, avec ses concepts d’infériorité et de supériorité, semble surgir d’un passé révolu et ne peut que desservir son propre objectif en accroissant le désir d’émancipation des Corses. Car si l’homme du XIXème a vécu dans un système lui faisant intérioriser et admettre l’infériorité de sa langue et sa culture, celui du XXIème n’est plus dupe de rien. Et plus le temps passera, plus se développera une conscience corse à laquelle désormais plus rien ne fait obstacle. Et une telle conscience, poussée par l’exécutif local, aura le plus grand mal à définir sa place dans un carcan dérivé du jacobinisme. D’autant plus que cet exécutif ne cessera de s’appuyer sur l’esprit de la Convention internationale des Droits de l’Enfant et  la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, toutes deux signées par la France mais jamais vraiment appliquées. Que vaut donc la signature de la France en ce domaine? Renan disait:

« L’homme n’est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagnes. Une grande agrégation d’hommes, saine d’esprit et chaude de cœur, crée une conscience morale qui s’appelle une nation. »

Le temps est venu désormais de savoir si on souhaite l’inscrire dans une optique égalitaire et humaniste ou bien si on persiste dans un système fondé sur une hiérarchie héritée de la Terreur.

V.Delòs

L’editoriau a non pas pérmeter de Christophe Barbier o las consequéncias de l’inegalitat de las lengas

Les Corses opteront-ils pour le suicide en réclamant l’indépendance? (éditorial de C. Barbier publié dans l’Express)

Lo 28 de julhet de 1885 Jules Ferry que prononciè a l’Amassada nacionau lo son devís sus las raças inferioras e superioras, e que s’exprimí atau:

« Sénhers, que cau que parlem mei haut e clar! Que cau díser francament qu’en hèit, las raças superioras qu’an un dret sus las raças inferioras. […] Que torni díser qu’i a tà las raças superioras un dret pr’amor qu’i a tanben un déber tad èras. Qu’an lo déber de civilizar las raças inferioras. »
Quitament en aqueths temps, un devís d’aqueths qu’èra gausat e, abans la rebecada trelusenta balhada dus dias après per Clémenceau, qu’ei Maigne que responó suu pic en l’emicicle: « Ò! Qu’ac gausatz díser en lo país on eston proclamats los drets de l’òmi! ». Puish qu’estó seguit per Guilloutet:« B’ei la justificacion de l’esclavatge e deu comèrci deus negres! ».
Aquestas referéncias au 1789 e 1848 qu’èran hèra justificadas: a despieit deu son passat esclavagista, racista e colonialista, França que’s distinguí particularament a l’òra deu combat de l’emancipacion de l’òmi. E que sabó tanben desvolopar lo concèpte de laïcitat en passar deu maine de la raça a lo de la religion. Lo ahar Dreyfus, la lei deu 1905, lo tribalh entreprès a l’entorn de la Shoah que permeton de superar aquesta vielha soca antisemita qu’estó particularament activa en daubuns moments de l’istòria d’aqueste país – que’ns podem brembar Simone Veil que contava com s’avèva d’estujar l’insigne d’escot judiu aus transpòrts publics deu Niça deus ans 30. Se França que podó tractar en pregondor los problèmas pertocant tant a la raça com a la religion, n’estó pas parièr tà las lengas e culturas. Atau ne podem pas estar susprés de tornat trobar, dens los escriuts de l’editorialista de l’Express (Christophe Barbier 22/12/2015) aquesta vielha mescla de sentiment de superioritat e paternalisme:
« A las culturas basca, bretona, alsaciana, picarda o berishonna, la que prospera a Bastia, Ajaccio o Corte n’a pas arren a envejar. Mes la cultura francesa, mescla e transcendéncia d’aquestes apòrts regionaus, qu’ei d’un òrdi infinidament superior. »
La juxtaposicion deus mòts « infinidament » e « superior » que poderé har sorríder se tot l’editoriau n’estossi pas tant problematic tau hèit còrse. En purmèr lingüisticament, lo còrse qu’ei tà Christophe Barbier« un dialècte calorós e cantadís, pauc propici aus arsecs oratòris en bèth aténher pertocant accents de gravitat ». Categorizar las lengas atau qu’ei curiós… Com ac ditz Ngalasso Mwatha, Professor de sociolingüistica e de lingïistica a l’Universitat Miquèu de Montanha:
« Uei lo dia, qu’admetem generaument que cada lenga organiza la pensada e ditz lo monde d’ua faiçon pròpia, e que totas las lengas que pòden tot díser dab mejans tan diferents com eficaçes ».
La vision de Christophe Barbier n’ei finaument pas luenh de la definicion deu Nouveau Petit Robert deu 2009 que balhava lo mot patuès com un« parlar locau, dialècte emplegat per ua populacion pas guaire numerosa, sovent rurau e de la quau cultura e nivèth de civilizacion que son jutjats inferiors a los de l’ambient (qui emplega la lenga comuna) ».
E, com en la definicion deu diccionari, l’editorialista que passa de la lenga a la cultura:
« N’i a pas sonque que la lenga e la cultura francesas qu’agin accedit a l’universau.  N’i pas de Voltaire ni tanpauc de Hugo corsos, e qu’ei lo francés qu’entenem en los cenacles olimpics, gràcia a Coubertin, com en las arrengadas de las Nacions unidas, gràcia a De Gaulle ».
E cau brembar que tanlèu com lo 1793 la Terror deus jacobins que fixè l’eradicacion deus « parlars locaus » com un objectiu politic? Atau qu’ac disen los deputats Urvoas e Lang en lo lor ensai « Lengas e culturas regionaus: en acabar dab l’excepcion francesa », tot aquò que « contribuí a hargar lo suberegò jacobin que, malament tà las lengas e culturas regionaus, adaiga largament la hauta administracion e la classa politica francesas. » Los parlamentaris que parlan quitament de 5 sèglas de discriminacion de la quau la lei Deixonne estó lo purmèr vertadèr contrahuec en 1951 a despieit de « la representacion nacionau, en los ans 1950-1970, que demorè massivament e, a còps, forcivament ostila a las lengas regionaus » e que « lo poder executiu, embarrat en los sons reflèxs anti patuès ne dè pas guaire la mustra ». E totun la lenga còrsa ne figurava pas en la quita lei Deixonne e que devó esperar l’an 1974 entà aparéisher dens l’ensenhament. Ne vedem pas com en aquestas condicions ua auta lenga que lo francé poderé desvolopà’s… Au lòc de voler desencusar, compréner o reparar –  ne seré pas aquò lo pròpi de lo qui defen las valors universaus? Ne seré pas aquò l’actitud de l’òmi civilizat? – l’editorialista que contunha dab un cèrt cinisme en estimar que Corsega ne saberé de cap manièra sufí’s a era medisha: lenga « dialècte », cultura d’un òrdi inferior a la francesa, que n’a pas tanpauc ua economia de capatge pr’amor que« independenta, ne podrà pas estar mei qu’un paradís fiscau adaigat de dinèrs cascants e doblat d’un vast ecomuseu per toristadas » e tornarà estar un
« confeti encombrat de crabas e castanhèrs ».
L’istorian Patrick Weil qu’ei hòrt mei enclarit quan fixa l’egalitat deus drets com lo purmèr motor de construccion de la nacion francesa e, uei lo dia, qu’ei l’egalitat de las lengas e culturas que permeterà a París e Corsega de trobar ua relacion tan apatzada com equilibrada. Un editoriau d’aqueths, dab los sons concèptes d’inferioritat e superioritat, que sembla gessit d’un passat escorrut e ne pòt pas sonque har puisheu au son objectiu en har créisher l’enveja d’emancipacion deus còrses. Pr’amor que se l’òmi deux sègle XIX que vivó dens un sistema que’u hasèva interiorizar e adméter l’inferioritat de las soas lenga e cultura, lo deu sègle XXI n’ei pas mei enganhat per arren. E com mei anar, mei se desvoloparà ua consciéncia còrsa a la quau d’ara endavant arren ne pòt pas har puisheu. E ua tau consciéncia, dinamizada per l’executiu locau, que se’n vederà entà definir lo son lòc dens un carcan derivat deu jacobinisme. En mei qu’aquèste executiu ne deisharà pas d’emparà’s sus l’esperit de la Convencion internacionau deus drets deu mainadèr e la Carta europea de las lengas regionaus o minoritàrias, las duas qu’eston signadas per França mes jamei vertadèrament aplicadas. Que vau la signatura de França en aquèste maine? Renan que disèva
« L’òmi n’ei pas l’esclau ni de la soa raça, ni de la soa lenga, ni de la soa religion, ni deu cors deus arrius, ni de la direccion de las cadenas de las montanhas. Ua grana agregacion d’òmis, sana d’esperit e cauda de còr, que crea ua consciéncia morau que s’apèra ua nacion. »
Lo temps qu’ei arribat d’ara enlà de saber se volem ac inscríver en ua optica egalitària e umanista o lavetz, se persistim dab un sistema fondat sus ua ierarquia eretada de la Terror.
V.Delòs

20 février: 300° émission Adishatz + concert de Maragane

Un peu de , le 5 février 2016

[FR] Samedi 20 février à 15H,salle des Fêtes Saint-Romain a Sauvatèrra de Guiana en Gironda, l’enregistrement de la 300 ième émission ADISHATZ, se fera en public au profit des élèves de la Calandreta(école occitane) de BARSAC avec le groupe « MARAGANE ».Entrée 5 euros.

 [OC] Maria Elena DESERT es la convidada de l’emission ADISHATZ. Fa partida del grop MARAGANE qu’aurem lo plaser d’aculhir lo dissabte 20 de febrièr dins una emission en public a partir de 3 oras de la tantossada dins la sala de las fèstas, 4 carrièra Sant Roman a Sauvatèrra de Guiena en companha dels escolans de la calandreta del Siron.
MARAGANE

MARAGANE

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24 janvier: théâtre gascon et dictée occitane à Pessac (salle de France)

Un peu de , , le 22 janvier 2016

  Dimenge 24 de genèr « Salle de France » Pessac / Peçac

Qu’ès aquò ? Ua jornada d’encontre de totas las personas de Gironda a qui agrada la lenga nosta !

 

On se harà ? A PESSAC , sala deu barri France, rua A. France (paralèla au gran camin d’Arcaishon, darrèr lo comisariat de policia de l’av deu Gl Leclerc)

 

Lo programa de la jornada:

 

11 òras : Dictada per 3 nivèus de coneishença : escolans, adultes aprenents, estudiants e adultes acostumats d’escriber

 

Mieidia : Distribucion de prèmis e aperitiu auherit a tots Disnar tradicionau a 10 € sonque per los participants a la dictada e lor familha -5€ per los mainats de mens de 10ans (se har seguir lo cobèrt) Bolhon dab vérmisèl – borit de bueu e de vetèth,- hromatge – còca e café – vin blanc e roge.

 

3 òras deu vrèspe : teatre deu terrador gascon per « Los Bohons au tòp » de Bazats – A gratis per los participants a La Dictada Entrada a 5€ per los qui vieneràn sonque per l’espèctacle

 

infò: contact@ostau-occitan.org / 05 56 36 30 27dictada_occitana_600 IMG_4094

 

Conférence sur les Cercles de Gascogne à Bègles le 20 janvier

Un peu de , , , le 15 janvier 2016

L’association Luna d’Aiga vous invite à une conférence-échange sur : Les cercles de Gascogne   Par Jean-Jacques Fénié, agrégé de géographie, co-auteur d’ouvrages toponymiques, chroniqueur occitan à Sud-Ouest et co-auteur du livre « Histoires et vie des cercles de Gascogne »  Ed Confluences .                    

le mercredi 20 janvier au Théâtre du Levain à Bègles à 19h 30.  
Les cercles, cafés associatifs, nés au milieu du XIX° siècle dans le Bazadais et le nord des Landes, demeurent encore aujourd’hui des lieux importants de la vie locale et citoyenne.
Vous êtes attendus dès 19h, autour d’un verre et de tapas.
Théâtre du Levain. 26 rue de la République. Bègles. Tram C. Arrêt La Belle rose

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Halha de Nadau a Cabanac lo 19 de deceme

Un peu de , , le 1 décembre 2015

Des familles et quelques communes du sud Gironde ont conservé la célébration de la Halha de Nadau. Feu rituel qui marque le solstice d’hiver en Gascogne, la Halha est allumée la veille de Noël. Parfois appelée la St Jean d’hiver, elle a gardé un caractère de proximité. Rituel de protection des futures récoltes, avec les voisins on fait le tour des champs et des maisons avec des flambeaux de paille allumés jusqu’à un bûcher en général modeste.

Un chant à caractère incantatoire accompagne cet événement:
Halha Nadau (Halha Nadau)
Lo pòrc a la sau (Le porc au saloir)
 La pola au topin (La poule dans le pot)
 Coratge vesin! (Courage voisin!)
 L’occasion de venir y participer le 19/12 à Cabanac.

Affiche HALHA DE NADAU m